Biographie (en francais)

J’ai passé ma jeunesse dans un petit village de l’Essex au nord-est de Londres. Mon enfance fut d’aller à l’école et de remplir mes temps libres d’activités comme tous les petits garçons les aiment. Ainsi je construisais des modèles d’avion et les abattais avec mon fusil à plomb. Je grimpais dans les arbres pour mieux pouvoir en tomber. Je garde aussi en mémoire des accidents de bicyclette douloureux. Je recevais des bulletins médiocres que j’ignorais. La vie d’un enfant était vraiment simple alors.

Un jour, l’école se termina. J’avais tout de même décroché quelques A et me retrouvai devant un choix déchirant : me chercher un emploi ou persévérer dans mon rôle de bon élève paresseux. La décision fut simplifiée en consultant ma boule de cristal. J’y vis une carrière miroitante de succès et très payante en chimie. Si j’avais consulté ma boule plus longtemps, j’y aurais aussi vu l’arrivée triomphante du Titanic à New-York et la marche victorieuse d’Hitler sur le Pall Mall de Londres…

Se fut un soulagement d’être accepté dans le circuit éducatif universitaire à l’école polytechnique de Hatfield. Quatre ans plus tard, j’avais reçu de précieuses leçons sur la manière d’être branché illégalement à l’électricité, comment se cuisiner un curry pour moins d’un dollar et pourquoi il ne faut pas boire trois pintes de Kronenbourg 1664 suivi de trois pintes de cidre anglais. La poly reconnu tout de même ma détermination si non mon intellect et me remit mon diplôme de chimie. Incapable de dénicher un boulot à mon goût, je dirigeai mes débuts de carrière comme peintre et décorateur à Londres ( je préfère le titre de spécialiste en application et distribution de polymères ). Mon chemin de gloire fut interrompu par un accident de moto qui me laissa plus ou moins invalide avec un fémur et un poignet cassés.

Quelle tristesse que de passer ma convalescence avec un ami vivant sur l’ensoleillée Riviera Anglaise du sud-ouest. Malheureusement, mon repos fut précocement interrompu par une offre d’emploi à l’hôpital du coin. Il faut bien se frapper à la réalité un jour. Deux ans plus tard, une meilleure position me fut offerte au laboratoire environnemental ICI de Brixham. Douze ans passèrent et j’étais toujours au même endroit montrant des signes d’un prisonnier à vie. Je suivais avec intérêt les promotions des autres et je pensais même me joindre au comité des activités sociales.

Tout cela aurait pu se produire si ce n’avait été d’une rencontre inattendue et chanceuse sur le sommet d’une montagne dans les Alpes française. Je me suis mis à converser avec une charmante Canadienne francophone et ne voulant pas laisser passer l’opportunité, je ne l’ai pas lâchée de la journée. J’ai joué le pot de colle. Toutes ses tentatives de fuire furent vaines. À la fin de notre journée, on s’échangea nos adresses. Malgré mon allure de martien avec mes dents claquantes et effrayantes, Hélène finit par devenir ma copine. Après notre courtisanerie outre-mer, je déménageai à Montréal en octobre 2002. J’y travaillai une couple d’année comme chimiste dans une terrible compagnie jusqu’à ce que la destinée nous mène vers d’autres cieux.

En 2005, nous sommes déménagés dans une région du Québec appelée Gaspésie. L’air y est sain, le stress peu existant et une file de trois autos correspond à un embouteillage. C’est là que je me suis officiellement proclamé photographe professionnel. J’ai commencé à soumettre mes images à des agences et construire des sites web. Bref, j’essaie de trouver des moyens pour que ma passion devienne source de revenue.

Encore à ce jour, je me souviens exactement ce qui m’amena à la photographie. Ma passion étant garçon était les avions ( ce l’est toujours ce qui semble décourager Hélène par moment ) et je voulais faire des images des transporteurs aériens à Heathrow. Mon kodak instantané donnait peu de résultat alors je me présentai dans un magasin et demandai une caméra qui pourrait changer de lentilles. Le vendeur regarda mon visage incrédule et me vendit un appareil Zenith E. fabriqué en Russie. Cette perle combinait de mauvaises caractéristiques; une mauvaise lentille, une lenteur d’opération et un poids énorme. Ce n’était pas la caméra du siècle mais je tombai en amour avec la photographie et appris énormément sur la technique puisque mon appareil était à 100% manuel. Puis, dans les années 90, la haute montagne se révéla à moi. Cela fut surprenant car d’habitude mes activités se bases sur celles que peuvent accomplir un koala. Je me mis alors à me concentrer sérieusement sur mes prises de vue et fus très encouragé lorsque mes images reflétaient l’émotion du moment. Après avoir rencontré Hélène, je me suis mis à la photographie de voyage et j’ai réalisé que j’y prends aussi du plaisir. J’avais toujours eu de la difficulté à faire des photos de ville et métropoles, mais comme avec le reste, c’est la pratique qui fait la différence. Voilà où je me trouve aujourd’hui, passionné à faire de la photo, que se soit en altitude dans les Alpes ou dans un marché indien en effervescence.